|
|
|
| Pour découvrir les articles
dans leur totalité, lédition complète du jour ou les archives 24heures, consultez
notre service Archipresse (site payant). |
|
«Entre la politique prêchée et les moyens mis à disposition, la différence fait quon
risque de sacrifier un investissement consenti depuis des siècles pour les forêts de
protection!» prévient Walter Schwab, chef du Service des forêts et de la faune du
canton de Fribourg. Avec son homologue vaudois, Daniel Zimmermann, lhomme a
préparé un courrier qui sera transmis à Moritz Leuenberger dans les jours qui suivent.
La missive demande loctroi dun crédit durgence supplémentaire destiné
aux mesures de lutte contre la prolifération du bostryche dans les forêts protectrices.
Le bostryche, source du problème
La source du problème nest autre quun petit insecte de 5 millimètres qui
prolifère sous lécorce des arbres, le bostryche typographe. Lothar, puis la
canicule de lété dernier ont constitué des conditions favorables à la
prolifération du dévoreur qui met en péril la vie des épicéas (et des sapins pour lun
de ses cousins). Lannée dernière, 155 000 m3 de bois ont été exploités à titre
de mesure phytosanitaire. Les subventions fédérales pour lutter contre la bestiole se
monteront cette année à 2 millions pour Fribourg (contre 10 en 2003) et 1 million pour
Vaud (5,5 en 2003). Soit 80% de coupe budgétaire pour une lutte toujours aussi active.
Résultat, malgré le soutien promis aux forêts de protection, 5,6 millions manqueront à
couvrir les besoins, estimés à 8,6 millions pour Vaud et Fribourg.
Et cest sans parler des autres forêts. Avec à la clé des problèmes sans fin,
lorsque par exemple une forêt non protectrice infestée de bostryches jouxtera une forêt
protectrice saine. Autre souci: «La loi, que la Confédération prévoit de réviser pour
2005, oblige toujours les exploitants à lutter contre le bostryche. Je vois mal comment
on va les y forcer si les subventions sont coupées», relevait hier Daniel Zimmermann.
Les subventions aux exploitants (privés et communes) peuvent couvrir (selon un système
de forfait) jusquà 80% des charges dexploitation du bois infesté.
Les chefs des services des forêts demandent donc une réponse fin mars à leur
sollicitation dun crédit durgence. En cas de fin de non-recevoir, le canton
de Vaud a imaginé trois scénarios: protéger la zone des Préalpes et laisser tomber le
Plateau, ne plus rien faire en espérant un retour en arrière de la Confédération ou
continuer la lutte en indemnisant les propriétaires privés et les communes dans une
moindre mesure, en fonction de leur capacité financière. Grincement de dents (pas celles
des scies) en perspective. |
|
|
|
|
|
CORINNE FEUZ |
|
|
|
|
|
|
|
 |
|
 |
Préservées depuis des siècles
Dans le Pays-dEnhaut, où 57% des forêts ont un rôle de
forêts de protection qui protègent les villages et les routes daccès à
ceux-ci les restrictions de subventions inquiètent particulièrement. Avec le
risque de voir les efforts entrepris depuis des dizaines dannées, voire des
siècles, réduits à néant. Le rôle protecteur des forêts, les anciens lavaient
bien compris. Ainsi trouve-t-on à lEtivaz, la première forêt du canton mise à
ban. Cétait en 1576, un décret décidé par les Bernois. Avalanche, chute de
pierres, le souci de protéger alors en particulier la chapelle protestante incita les
autorités à engager un garde forestier pour soccuper uniquement de cette forêt.
«Le décret interdisait à quiconque dy pénétrer avec une hache ou une scie»,
explique Serge Lüthi, inspecteur forestier de larrondissement Riviera et Pays-dEnhaut.
Aujourdhui, cette forêt appartient au canton. En 2002, des foyers de bostryche y
ont été décelés et traités (n.d.l.r. les arbres ont été abattus et retiré de la
forêt, seul «traitement» efficace). Une absence de lutte, où la réduction de celle-ci
a des conséquences dramatiques.
Reconstituer une forêt de montagne prend une cinquantaine dannées. Et sil ny
a plus de forêt, ou quelle ne remplit plus son rôle, il sagira de construire
des ouvrages de protection (contre les avalanches notamment). «Entretenir un hectare de
forêt durant un siècle coûte 10 fois moins cher quun ouvrage de protection dont
la durée de vie est moindre», expliquait hier François Bossel, inspecteur forestier
fribourgeois.
C. Fz |
 |
|
 |
|
|
|
|
|
|
|
|